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Mes couleurs de l'Hiver

Bruyères en collection

par La Plante Du Mois • 27,Décembre 2018

Les bruyères d'hiver sont des réserves de nectar pour les bourdons et les abeilles ! Plantez-les en groupe pour un meilleur effet … La bruyère est l'habitat naturel de nombreux oiseaux. En Écosse notamment, elle abrite la célèbre Grouse (lagopède d'Écosse), très prisée des gastronomes. Réserve de nectar pour les bourdons et les abeilles, les bruyères sont surtout précieuses en hiver, lorsque la nourriture est rare.

Une élégance faite en simplicité

Chaque jardin, chaque terrasse et même chaque rebord de fenêtre méritent d’accueillir des bruyères, utilisées seules ou en associations avec d’autres plantes. Afin qu’elles donnent le meilleur d’elles-mêmes et se révèlent sous un jour nouveau, variez les utilisations et les plantes compagnes. 
Pour un effet gagnant, installez-les au minimum par trio.  
Elles se glissent avec bonheur partout : sur un talus, sous les arbres, parmi les arbustes ou les vivaces, en bordure, au centre des massifs pour les variétés arborescentes, dans la rocaille, dans le carré d’aromatiques. Profitez de leur effet couvre-sol très efficace et trop peu utilisé. En très peu de saisons, elles empêchent la pousse des mauvaises herbes pour un entretien minime.
Leur croissance assez lente et leurs dimensions modestes (hormis E. arborea) permet de les planter en pot ou en jardinière pour lesquels 20 cm de profondeur suffit.
Leur feuillage persistant, beau par tous les temps joue le rôle d’écrin de choix à toutes les plantes surtout à feuillage ou floraison de couleur claire.
Imitez la nature : jouez les tapis de camaïeux pour souligner le côté un peu sauvage de leur beauté. Plantez-les en nappe souple, voire sinueuse. N’hésitez pas à marier les différentes espèces pour assurer le relais des floraisons et constituer d’attendrissants ou vivifiants patchworks.

Ses meilleures compagnes

Jouez la carte du dynamisme et de la modernité en les mariant avec des graminées (petites et grandes), des écorces colorées (bouleau, cornouiller, saule, rubus), des petits arbustes et des vivaces à feuillage persistant dont les aromatiques et les panachés (buis, euphorbes, Hebe, rhodo et piéris, romarin, thym, laurier, bergénia, heuchère, fougère), des arbustes du printemps (magnolia, cornouillers et pruniers à fleurs, genêts), des petits arbustes à baies colorées (callicarpa, pernettya, skimmia) et toutes les autres fleurs de l’hiver: petits bulbes, vivaces, bisannuelles, cyclamens…
Évidemment l’association avec les petits conifères reste classique mais incontournable, leurs feuillages se font joliment écho. Jouez alors avec leurs coloris, leurs textures.

La bruyère aux petits soins

Ses besoins 
Un emplacement dégagé, eau soleil ou à mi-ombre, (évitez le soleil brûlant surtout pour les variétés à feuillage doré). Un sol léger, frais en été mais bien drainé en hiver. Contrairement à la majorité des bruyères, E. carnea et E x darleyensis tolèrent une terre légèrement calcaire.

De bons débuts
Présentées en godet ou en conteneur, elles peuvent être plantées toute l’année avec une petite préférence pour l’automne et le printemps. Choisissez-les en fleurs pour être sûr du coloris. Les rares échecs de culture viennent d’une plantation ratée ! Trempez la motte dans un seau d’eau afin de bien l’hydrater. Prenez soin de pas la briser. Mais si elle est pourvue d’un chignon compact de racine, démêlez superficiellement celui pour favoriser la reprise.
Ajoutez environ une poignée de bon terreau ou de tourbe dans le trou de plantation. Ne couvrez pas trop la motte, moins de un centimètre de terre suffit pour la couvrir et éviter que les racines ne sèchent. Offrez un espace vital de 30 cm au moins autour de chaque plante.

La première année 
‘Mulchez’ le sol autour de la motte avec des végétaux broyés, de la paillette de lin ou des matériaux minéraux (surtout pas calcaires !). Ce paillage empêchera la levée de mauvaises herbes tout en maintenant une fraîcheur aux racines si le temps est sec. Arrosez généreusement une fois par semaine à la belle saison et douchez les feuillages s’il faut très chaud.
Si besoin, désherbez les plantes non paillées tant que l’effet couvre-sol n’est pas suffisant.

Ensuite
En se décomposant, le ‘mulch’ organique suffit à nourrir ces plantes assez frugales. Si les plantes sont installées dans de la terre de bruyère pure, compensez la pauvreté de cette dernière en apportant un engrais spécial arbustes de terre de bruyère au début du printemps. Évitez les engrais riches en azote qui favorisent le feuillage au détriment des floraisons.

Côté taille 
Le secret pour leur conserver une belle silhouette réside en un épointage à la cisaille après la floraison. Ainsi les touffes gardent une belle densité et ne vieillissent pas en prenant un air dégingandé. Réduisez jamais plus que la moitié car les bruyères ont du mal à repercer sur du vieux bois. D’où la nécessité d’une taille annuelle. Toutefois Erica carnea se contente d’une taille légère tous les 2-3 ans.

Et en pot ?
Soignez le drainage lors de la plantation : pot en matériau poreux (terre cuite, bois…), trou de drainage, lit de billes d’argile. Employez un substrat composé à parts égales de terre de bruyère et de terreau pour géraniums. La croissance lente et la frugalité des bruyères permettent un rempotage tous les deux ans à la fin de la floraison. Le petit truc en plus : si votre eau est calcaire, ce qui peut faire jaunir le feuillage à la longue, arrosez à l’eau de pluie ou ajoutez un filet de vinaigre blanc dans votre eau pour la neutraliser.

Bruyères d'hiver, scénarios et mises en scènes

Balcon, rebord de fenêtre... ou cadeau végétal !

Rencontre de la lande et de la garrigue 
Dans une grosse potée en terre cuite ronde, placez deux bruyères et deux cyclamens aux coloris assortis (rose clair ou foncé). Ajoutez les silhouettes plus hautes d’une plante curry (Helichrysum italicum) et d’une lavande Grosso dont les beaux feuillages gris argent constitueront un véritable écrin pour les fleurs. Pour donner plus de corps et un peu de flou, complétez avec un ou deux godets de Muehlenbeckia, une valeur montante parmi les plantes à feuillage persistant vert foncé.

Bruyères et aromatiques, le duo gagnant !
Dans un gros cache-pot en osier, installez une bruyère à fleurs blanches, un petit thym panaché de crème, une sauge officinale pourpre et une sauge officinale classique. Ponctuez de quelques godets de viola à fleurs rouge sombre. Étoffez l’ensemble avec un lierre ou deux à petites feuilles panachées de blanc. Si cache-pot est suffisamment grand, ajoutez un petit Juniperus qui assurera une présence verticale.

Contrastes colorés et fleuris
Accordez la couleur du contenant à celle des fleurs de la bruyère choisie (rose ou rouge de préférence). Choisissez une potée vernissée de belle facture et non gélive ! Mariez la bruyère avec un hellébore. Le contraste des fleurs est saisissant, elles se mettent en valeur mutuellement. Offrez les seconds rôles à un lierre à petites feuilles vert foncé et un romarin rampant dont la floraison ajoutera une touche de bleu pur à la composition en fin d’hiver.

Sur la terrasse

Graphisme et modernité
Les contenants au design contemporain ne manquent pas aux étals des jardineries. Profitez-en, leurs lignes pures s’accordent avec toutes les saisons. Choisissez-le de forme haute et de couleur foncée. Accentuez encore la hauteur avec un beau phormium pourpre foncé. Ceinturez ce dernier avec des bruyères blanches ou rose pâle et des heuchères marbrées de gris. Succès garanti auprès de vos voisins.

Retour aux sources
Dans une grosse barrique en bois (vieillie par le temps), installez un arbuste de terre de bruyère (piéris, azalée persistante ou petit rhododendron), tapissez sa base avec trois bruyères, autant de carex à feuillage panaché d’or et des petites violas jaune vif. Parsemez avec une dizaine de narcisses botaniques.

Pour climats doux
Une bruyère arborescente peut tout à fait s’inviter sur la terrasse dans un grand bac Terracotta. Offrez-lui la compagnie dans ses premières années d’un Skimmia japonica, d’une Leucothoe et d’un Pittosporum tenuifolium en attendant qu’elle s’étoffe un peu. Quelques Vinca panachées d’or retomberont gracieusement sur le pourtour alors que des petits cyclamens fleuriront pendant des semaines profitant de la douceur du climat.

Au jardin

Un hiver plein de gaieté 
Le rouge est à l’honneur pour dynamiser la saison. Rouge sombre comme un tapis de quelques bruyères installées sous les rameaux rutilants d’un cornouiller. Rouge bordeaux comme le feuillage hivernal des bergénias (‘B.Ruby’ ou ‘Ballawley’), rouge lie de vin comme les inflorescences des Sédums ‘Automn Joy’. Pour lier ce camaïeu, ajoutez quelques grosses touffes de hautes graminées aux feuillages ou aux épis cuivrés (Carex flagellifera, Miscanthus, Pennisetum, Molinia…).

Lumières de saison
Comme en écho au pâle soleil de l’hiver, constituez un massif visible de la fenêtre avec en invitée vedette une bruyère arbustive blanche, un Choisya doré, un conifère insolite et lumineux : le Chamaecyparis pisifera ‘Filifera Aurea’. Calez tout ce beau monde avec un écrin de fougères à feuillage persistant ou quelques boules de buis. Couvrez le sol avec des paillettes de lin ou mieux encore des petites bruyères à fleurs blanches !

Au fond du jardin, qu’est-ce qu’il y a ?
La nature peut sembler reprendre ses droits, espace intermédiaire entre le jardin et la nature environnante …Autour d’un bouleau à écorce bien blanche, tapissez le sol avec générosité : taches de bruyères, nombreuses touffes de Stipa, tapis de scilles, de cyclamens coum, tulipes botaniques…Nul doute que vos pas vous guideront souvent dans ce coin, pour le plus grand plaisir des yeux !



1 commentaire

  • Claudine d. Bien bel article, merci !!! Vendredi Décembre 29 2017 à 09:14

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