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Faut-il nourrir les oiseaux au jardin ?

par L'Esprit Jardin • 20,Janvier 2019 Suivez L'esprit Jardin

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Sur le sujet, les opinions sont divergentes. Le problème est régulièrement soulevé lors des forums naturalistes et dans les revues ornithologiques, quand il n’est pas remis fondamentalement en question.

Il est clair que, depuis le néolithique, et très récemment encore dans la cour des fermes, l’homme a toujours nourri les oiseaux sauvages. Par inadvertance, alors qu’il distribuait des grains à la volée pour ses volailles. Aujourd’hui, certains vont plus loin en avançant que ce nourrissage est devenu indispensable.

L’environnement naturel, selon eux, s’est à ce point banalisé qu’il est nécessaire de compenser les pertes de ressources en proposant artificiellement un complément alimentaire. Les chasseurs de petit gibier font bien la même chose depuis que celui-ci est devenu introuvable dans nos chauves campagnes. Saison impitoyable, l’hiver soulève aussi bien des questions auxquelles les sentiments de pitié et de compassion ne sont pas étrangers : les oiseaux qui passent leur journée dehors souffrent-ils, trouvent-ils suffisamment à manger ?

Pour leur part, les détracteurs du nourrissage rappellent que les oiseaux nourris à la mangeoire sont surtout des espèces opportunistes et sédentaires qui se portent plutôt bien. En ville, ces appoints profitent aussi aux espèces exotiques invasives. À Bruxelles, les trois espèces de perruches doivent leur survie en hiver, au moins en partie, à ces gestes de bienveillance. Les passereaux insectivores, migrateurs au long cours, qui doivent gagner les régions subtropicales pour survivre, ne bénéficient évidemment pas de cette opportunité.

Or beaucoup d’entre eux comptent pourtant parmi les espèces les plus menacées. Certains aiment à rappeler aussi que, pour cruelles qu’elles soient à nos yeux, les lois de la sélection naturelle qui sévissent de manière impitoyable en hiver restent de mise. La nature est ainsi faite. Moins de nourriture disponible, moins de temps à consacrer à leur recherche, plus de dépenses caloriques : un adulte sédentaire sur deux ne passe pas la mauvaise saison. Seuls les plus forts survivent. Heureusement, ces espèces compensent les pertes par une fécondité telle que les populations restent finalement en équilibre avec les ressources offertes par leur milieu.